LA GENÈSE

La genèse de la création

Un noyau de quatre artistes, Olivier KemeidPatrice DuboisFrédéric Dubois et Martin Labrecque, s’est formé en 2010 afin de créer une nouvelle adaptation des cinq pièces historiques de Shakespeare – Richard IIHenri IVHenri VHenri VI et Richard III. Cette œuvre inédite interrogera le rapport à la langue, à l’Histoire, aux origines des créateurs ainsi qu’au métissage franco-britannique dont a hérité leur pays, et, plus naturellement, le grand bal de la course au pouvoir absolu. 

Orson Welles dans le rôle de Falstaff dans son film "Falstaff : Chimes at Midnight"

Orson Welles dans le rôle de Falstaff dans son film "Falstaff : Chimes at Midnight"

L’idée d’un tel spectacle germe depuis 2003 quand Martin Labrecque et Patrice Dubois ont mis la main sur le collage Five Kings sur lequel Orson Welles avait travaillé en 1939. 

Œuvre phare dans la carrière du metteur en scène américain, Five Kings allait cependant demeurer inabouti entre ses mains. 

Notre Five Kings - L'Histoire de notre chute a l’ambition de terminer ce qui n’a jamais été achevé par Welles.

L’auteur Olivier Kemeid prête ses mots aux récits historiques. Patrice Dubois coordonne la conception artistique et agit comme conseiller dramaturgique tandis que Frédéric Dubois assure la mise en scène. Martin Labrecque, quant à lui, est maître d’oeuvre de la scénographie. 

Ils se donnent comme défi de regarder ce travail de transcription – d’adaptation, de traduction et d’écriture – non pas seulement par la fenêtre de la langue, mais aussi par celle de leur réalité de francophones vivant en terres d’Amérique, réalité qui prend ses racines dans celles française, écossaise, anglaise ou irlandaise. Francophones qui vivent dans le paradoxe d’une nation vaincue et conquise, mais survivante et vivante.

 En compagnie de comédiens aux origines multiples, ils ont, lors des ateliers de recherche, étudié les mécanismes shakespeariens, analysé la manière dont Welles percevait la modernité de ces textes et décortiqué la rhétorique de l’auteur élisabéthain pour s’en approprier véritablement les œuvres.

La réunion de ces créateurs, tous présents sur la scène théâtrale québécoise, usera ici de leurs complémentarités artistiques pour s’approprier l’œuvre du maître et attaquer de front les dérives psychiques de nos contemporains autant que celles de nos systèmes politiques mondiaux.

 

Précisions

Les Five Kings de Welles sont en réalité « two kings » : Henry IV et Henry V. Richard II n’y apparaît que comme cadavre, au début de la pièce… Welles a fait son collage à partir de 4 pièces de Shakespeare :

Richard II, écrite en 1595
L'Histoire d'Henry IV, aussi connu sous le nom de Henry IV (première partie), parue en 1598
Henry IV (deuxième partie), publiée en 1600 
Henry V, écrite aux alentours de 1599

Richard II se déroule en 1398.
L’Histoire d’Henry IV se passe entre 1399 et 1403.
Henry IV (deuxième partie) se déroule en 1405.
Henry V va de 1415 à 1420.

1ère tétralogie : les 3 parties d’Henry VI (écrites vers 1590) et Richard III (écrite vers 1592)
2ème tétralogie : Richard II, L’Histoire d’Henry IV, Henry IV (deuxième partie) et Henry V


« Five Kings » d'Orson Welles - résumé des scènes

S'inspirant de 9 oeuvres de Shakespeare, Orson Welles a écrit et mis en scène une pièce de théâtre intitulée « Five Kings », qui fut présentée à Broadway en 1939 et en Irlande en 1960. Chaque fois, ce fut un échec retentissant. C'est cette pièce qui est ici résumée. 

 

ATTENTION : « FIVE KINGS – L’Histoire de notre chute » n’est ni une traduction, ni une adaptation de la pièce « Five Kings » d’Orson Welles. La découverte de cette oeuvre fut par contre l'élément déclencheur de notre grand projet.

 

ACTE I : la guerre civile d’Henry IV


Scène 1
Le chœur annonce le récit à venir, l’ascension du belliqueux Harry « sous son vrai jour », la bataille d’Azincourt de 1415, le tout en « an hourglass », soit en une heure de sablier…

 

Scène 2
Bolingbroke, futur Henry IV, prononce un discours de paix (« march all one way and be no more opposed »). Exton entre avec le cercueil de Richard II. Bolingbroke fait mine d’en être horrifié, mais c’est lui qui a commandé l’assassinat. Henry IV est couronné sur le corps encore chaud de Richard II.

 

Image du film d'Orson Welles, « Falstaff, Chimes at Midnight ».

Image du film d'Orson Welles, « Falstaff, Chimes at Midnight ».

Scène 3
Le prince Harry (Hal) fomente un détroussage de pèlerins (double sacrilège) avec sa bande de débauchés : Falstaff, Bardolph, Poins, Peto… Poins et Peto proposent à Hal de faire une farce à Falstaff, de se déguiser et de le détrousser à son tour.

 

Scènes 4 et 5 
Le roi Henry IV cherche son fils et se lamente à propos de sa débauche.

 

Scène 6
Le prince Harry et ses acolytes se moquent de Falstaff. On y sent en même temps la tendresse qui unit Hal à son mentor de débauche.

 

Scènes 7 et 8
Le chœur évoque les mécontentements des Percy, alliés d’Henry IV, qui lui envieraient sa fortune et sa gloire.

 

Scène 9
Henry IV somme les Percy de lui livrer leurs prisonniers de guerre écossais. Hostpur Percy, « l’éperon ardent », ne veut rien savoir et exige que le roi paie la rançon aux Écossais afin de reprendre son beau-frère Mortimer, fait prisonnier par l’Écossais Owen Glendower. Le roi refuse net.

 

Scène 10
Complot des Percy pour renverser Henry IV. Ils veulent proposer une alliance avec les Écossais et l’archevêque d’York.

 

Scène 11
Pendant que la révolte gronde, la bande de Falstaff continue la débauche. Harry et Falstaff s’amusent à jouer au roi et à son fils. Court impromptu autour du « bannissement » de Falstaff à venir. Le grand juge débarque dans la taverne à deux heures du matin, à la recherche des voleurs des pèlerins.

 

Scène 12
Harry demande à Peto d’aller quérir Falstaff : il est temps de se préparer à la guerre.

 

Scène 13
Le roi convoque son fils. Il lui déverse son courroux, sa déception, le traitant de « pire ennemi », lui préférant encore Hostpur. Harry en est bouleversé, il fait amende honorable et lui jure de rentrer dans le droit chemin.

 

Scènes 14, 15 et 16
Le grand juge vient sermonner Falstaff et lui annonce que le roi a décidé de le séparer de Harry.

 

Scène 18
Hostpur se querelle avec sa femme Kate, il est obnubilé par son complot.

 

Image du film « Falstaff - Chimes at Midnight », de et avec Orson Welles

Image du film « Falstaff - Chimes at Midnight », de et avec Orson Welles

Scène 19
Falstaff engage quatre hommes dans sa compagnie militaire, fournis par le juge Falot (Swallow) et le maître Silence. Falot et Falstaff, amis de collège, se rappellent avec tristesse et nostalgie leurs vertes années, quand ils faisaient les 400 coups (« We heard chimes at midnight… »).

 

Scène 20
Hostpur apprend que son père est gravement malade. Cela le convainc encore plus de changer son attitude. Il prépare ses troupes au grand affrontement.

 

Scène 21
Falstaff présente sa compagnie miséreuse au prince Harry, lequel se prépare au combat.

 

Scène 22
Combat entre Harry et Hostpur. Le Prince tue Hotspur. Victoire du camp d’Henry IV, défaite des Percy.

 

ACTE II : la passation des pouvoirs entre Henry IV et Henry V

 
Scène 1
Henri IV se plaint à Westmoreland et Warwick des récents troubles civils qui recommencent, cette fois autour de Northumberland.

 

Scène 2
Le Prince prend des nouvelles de Falstaff.

 

Lola Troussedraps et Falstaff, « Chimes at Midnight ».

Lola Troussedraps et Falstaff, « Chimes at Midnight ».

Scène 3
À la taverne, Pistolet (Pistol, sorte de capitaine Matamore) fait le fanfaron. Amours de Lola Troussedraps et de Falstaff. Ce dernier est appelé à Westminster.

 


Scènes 4 et 5
Le roi Henry IV est mourant. Malgré le récent changement d’attitude de son fils, il craint pour les destinées du royaume. Le Prince arrive et voit son père allongé sur son lit, il dort. Harry s’empare de la couronne. À son réveil, Henry IV se rend compte que sa couronne n’est plus là. Confrontation entre les deux hommes, le Prince se confond en excuses et assure à son père que sa succession sera noble. Henry IV peut mourir en paix.

 

Scène 6
Pistolet débarque chez le juge Falot en annonçant le couronnement d’Henry V. Falstaff exulte : mentor et grand ami du nouveau roi, il aura désormais tout ce qu’il veut. Exalté, il distribue les promesses autour de lui.

 

Scènes 7, 8 et 9
Henry V paraît devant Falstaff et le répudie publiquement : « I know thee not, old man. »

 

ACTE III : les conquêtes d’Henry V

 
Scène 1
L’archevêque de Canterbury craint que le roi ne suive la pétition du peuple, c’est-à-dire qu’il reprenne des terres données à l’Église. Henry V le rassure et se montre sensible à la proposition de Canterbury, soit de faire valoir ses droits sur la Couronne de France (voir l’histoire de la loi salique). Henry V annonce donc ses visées territoriales au roi de France, lequel lui envoie des balles de tennis par son dauphin en guise de réponse, ce qui représente un affront.

 

Scène 2
On apprend la mort de Falstaff par les lamentations de Pistolet, sa femme et Bardolph. On y apprend également que la guerre contre la France est imminente.

 

Scènes 3 et 4
Le chœur raconte le débarquement anglais en France.

 

Scène 5
Célèbre discours d’Henry V pour vivifier ses troupes.

 

Scène 6
Henry V annonce au représentant français Montjoie que, bien qu’affaiblie, son armée va marcher sur Calais.

 

Scène 7
Description par le Chœur des deux camps opposés. L’armée anglaise est en mauvais état et est six fois moins nombreuse que l’armée française.

 

Scènes 8 et 9
Le roi, déguisé, va incognito tâter le moral de ses troupes. Celles-ci sont pessimistes quant à l’issue du combat.

 

Scène 10
Le roi implore le Ciel en demandant pardon pour l’assassinat de Richard II (perpétré par son père).

 

Scène 11
Discours de la St-Crépin d’Henry V pour galvaniser ses troupes.

 

Scène 12
Combats. Pistolet se bat contre un soldat français et l’emporte.

 

Scènes 13 et 14
Henry V sonne la fin des combats. Il ne sait même pas qui a gagné. C’est Montjoie qui lui apprend que les Anglais ont miraculeusement remporté la victoire. Henry V demande qu’on remercie Dieu et qu’on ne se vante pas de cette victoire miraculeuse.

 

Scène 15
Fanfaronnades linguistiques entre Henry V et sa nouvelle femme française, Catherine de Valois.

 

Scène 16
Le Chœur évoque une fin de règne heureuse pour Henry V, mais conclut sur la suite funeste d’Henry VI, lequel perdra la France…

 

FIN

Orson Welles dans le rôle de Falstaff, « Falstaff - Chimes at Midnight ».

Orson Welles dans le rôle de Falstaff, « Falstaff - Chimes at Midnight ».