Les règnes des cinq rois : de 1377 à 1485

 

 

Richard II

1377 - 1399

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Henry IV

1399 - 1413

 

Henry V

1413 - 1422

Henry VI

1422 - 1461

Richard III

1483 - 1485

 

Note : entre Henry VI et Richard III, il y a eu Édouard IV (1461-1483) et Édouard V (1483). Ces deux derniers ne font pas l’objet d’une pièce de Shakespeare.


Généalogie des FIVE KINGS

Voici un tableau généalogique (annoté par l'un des concepteurs de Five Kings - L'Histoire de notre chute) qui permet de mieux comprendre les liens de parenté entre les rois d'Angleterre, de Jean sans Terre à Élisabeth 1re.


Guerre de Cent Ans (1337 - 1453)

Déclenchée par Édouard III, roi d’Angleterre. Il est le petit-fils du roi français Philippe le Bel, et en ce sens, il fait valoir ses droits sur la Couronne de France. La guerre se termine plus de cent ans après, lors de la reconquête par les Français du Nord de la France occupée par les Anglais (depuis Henry V, oui, le Prince Harry !), dont le fameux épisode de Jeanne d’Arc.


Bataille de Shrewsbury (1403)

Elle se déroula le 21 juillet 1403 à l’emplacement de la ville actuelle de Battlefield dans le comté de Shropshire en Angleterre. Une armée commandée par le roi Henry IV d'Angleterre y affronta et vainquit une armée rebelle menée par Henry Percy, dit Hotspur, fils d'Henry Percy (1er comte de Northumberland). Les Percy avaient appuyé Henry IV dans sa guerre victorieuse contre Richard II d'Angleterre, qui s'est achevée avec son accession au trône en 1399. Henry IV avait reçu l’aide de nombreux seigneurs à qui il avait promis des terres et des richesses en récompense de leur fidélité. Lorsque la guerre prend fin, des terres situées en Cumbrie et promises aux Percy sont allouées à un autre. Cette promesse non tenue suffit à allumer la révolte, alimentée sans doute par le non-versement de la somme d’argent promise par Henry IV. Au début de l'an 1403, Henry Percy lève une petite troupe d'environ 2 000 hommes et marche vers le sud à la rencontre de son oncle. L'essentiel de son armée est recruté dans le Cheshire, une région hostile à Henry IV et qui avait fourni beaucoup de soldats d'expérience, en particulier des archers, ayant servi dans la garde personnelle de Richard II. Il semble qu'ils caressent l'espoir de recevoir des renforts gallois sous les ordres du Prince de Galles autoproclamé Owain Glyndwr. Cet espoir est déçu bien que quelques troupes galloises de la frontière les rejoignent. Les rebelles marchent alors sur Shrewsbury, la capitale puissamment défendue du comté de Shropshire. Le roi Henry est informé de ces mouvements le 12 juillet, alors qu'il semble précisément aller à la rencontre de la menace des Percy. Il change dès lors de direction et marche sur Shrewsbury à la tête de son armée. Les estimations des forces en présence sont très variables : l'armée royale serait composée de 15 000 à 60 000 hommes, alors qu'on évalue que l'effectif rebelle compterait entre 5 000 et 20 000 combattants.

 

Les deux armées arrivent à Shrewsbury le 20 juillet et dressent leurs camps respectifs sur les berges de la Severn, dont le cours jouxte la ville. Les rebelles sont au nord, alors que les forces du roi sont du côté sud de la rive. Le lendemain, les troupes royales traversent la rivière à Uffington et se positionnent en terrain découvert afin d'utiliser au mieux leur supériorité numérique. Elles y sont rejointes par l'armée des Percy. L'essentiel de la matinée se passe en pourparlers. Alors qu'Henry Percy semble enclin à se rallier aux arguments royaux, il n'en est pas de même pour son oncle. En tout état de cause, les négociations cessent vers midi et les deux armées se préparent à l'affrontement, qui commence par un tir de barrage de l'archerie, tuant et blessant de nombreux hommes avant même qu'ils se rencontrent sur le champ de bataille. Bien que les archers du Cheshire de Percy montrent leur supériorité en cette occasion, le nombre joue en faveur de l'armée royale. Les Percy tentent d'inverser la situation par une charge, mais celle-ci se révèle prématurée et Henry Percy y trouve la mort. À ce moment, les rebelles battent en retraite, la défaite est consommée. Plus de 300 chevaliers et quelque 20 000 hommes d'armes tombent sur le champ de bataille et des milliers d'autres meurent de leurs blessures dans les semaines qui suivent. On enterre Henry Percy à Whitchurch, dans le comté de Shropshire, mais la rumeur qu'il ne serait pas mort se propage bientôt. En réaction, le roi le fait déterrer et fait exposer son cadavre à Shrewsbury, empalé sur une lance entre deux meules. Son corps fut ensuite découpé en quatre parties exposées aux quatre coins du pays. En novembre, ses restes finissent par être restitués à sa veuve. Cette bataille et ses protagonistes sont évoqués dans Henry IV (Première partie) de William Shakespeare.

 

 

 

 

Bataille d’Azincourt (1415)

Elle se déroule le vendredi 25 octobre 1415, pendant la guerre de Cent Ans. Les troupes françaises, de quelque 30 000 hommes, y tentent de barrer la route de Calais à l'armée du roi anglais Henry V, forte d'environ 6 000 hommes, et débarquée dès septembre au lieu-dit Chef-de-Caux, près de la ville d'Harfleur, ville qui d'ailleurs sera prise et occupée pour leur sécurité. La bataille qui s'ensuivra se soldera par une défaite importante pour le camp français : la cavalerie lourde, rendue moins efficace par un terrain boueux et les retranchements anglais, est transpercée par les archers en majorité gallois, équipés de grands arcs (long bows) à très longue portée. Cette bataille, où la chevalerie française est mise en déroute par des soldats anglais inférieurs en nombre, sera souvent considérée comme la fin de l'ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance sur la mêlée, suprématie qui ne fera que se renforcer par la suite grâce à l'invention des armes à feu. Elle sera, en réaction, une cause majeure de l'épopée de Jeanne d'Arc, puis de l'investissement dans l'artillerie qui deviendra une spécialité française. Pour les Anglais, cette bataille restera l'une des victoires les plus célébrées, notamment par William Shakespeare.


Guerre des Deux-Roses
(1455 - 1485)

Affaiblissant l’Angleterre, elle met fin à la guerre de Cent Ans. Guerre entre les York et les Lancastre. Elle se termine par la victoire des Tudors avec Henry VII, grand-père d’Elizabeth 1ère.


Les cinq rois à la source

Certaines éditions des oeuvres de Shakespeare sont accessibles gratuitement sur Internet. Voici les liens pour accéder à celles qui ont servi de base aux créateurs de Five Kings - L'Histoire de notre chute. Bonne lecture!


Notes sur le théâtre élisabéthain par Olivier Kemeid

Olivier Kemeid a donné un séminaire sur le cycle des rois à des étudiants à la maîtrise de l’UQAM. En effectuant ses recherches, il a trouvé des informations très intéressantes concernant le théâtre élisabéthain. Voici les éléments qui l’ont le plus marqué, avec ses commentaires :

Shakespeare et tous les auteurs élisabéthains étaient contraints par les règles physiques des théâtres, lesquels étaient tous bâtis de la même manière. La scène était très petite : un rectangle surélevé de 12 mètres sur 8 mètres. Donc jamais plus de 12 acteurs sur scène en même temps. C’est drôle parce qu’instinctivement, je me suis contraint à ça.

 

Au parterre, les spectateurs sont des trois côtés de la scène (mais la majorité est en face).

 

Il n’y a pas de lumières, car on utilise un éclairage naturel dans les théâtres dits publics. Un toit dans ceux dits privés permettait des jeux de lumière. Pour simuler la nuit, le personnage tient une chandelle.

 

Beaucoup d’accessoires sont sur la scène : des tables, des sièges, des épées, des toiles peintes, ainsi que des trônes, des lits, des autels, des arbres, des étoiles, des nuages, des apparitions de la lune ou du soleil, de l’artillerie pour les batailles, des têtes de mufles, etc. Les costumes provenaient de garde-robes de nobles mécènes.

 

Reconstruction en image du Globe Theatre selon les recherches historiques et archéologiques de Cyril Walter Hodges

 

Ah oui, j’oubliais… Temps de répétition alloué à l’époque : 2 semaines.

 

Les comédiens jouaient tous les après-midis sauf le dimanche, tenaient évidemment plusieurs rôles, et quand ils partaient en tournée (car ils partaient en tournée!!!), ils réduisaient leur troupe au minimum. 

 

En fond de scène, les portes permettaient entrées et sorties et, au-dessus de ces portes, une galerie utilisée pour les musiciens, si requis, ou qui devient un lieu scénique supplémentaire (balcon de Roméo et Juliette), ou, en dernier cas, des places de spectateurs (places de marde, car derrière les acteurs…).

Croquis d'une scène élisabéthaine

 

Il n’y a pas de décor, les changements de lieu sont signalés par des écriteaux. J’ai lu quelque part que l’absence de décor permettait aux auteurs de changer de lieu à leur guise, ce qui est le cauchemar du metteur en scène moderne. Ainsi « un vers suffit à l’armée anglaise pour traverser la Manche ».

 

Des codes scéniques étaient reconnus par le public : un costume noir pour le vilain ou le mélancolique, une barbe blanche pour le vieillard, un visage enfariné pour le fantôme, un manteau noir pour le prologue. Il y avait une vraie artillerie pour les coups de canon et c’est d’ailleurs un vrai tir de canon qui provoqua l’incendie ravageant le toit de chaume du Globe Theatre en 1613, pendant la représentation d’Henry VIII.
 

Capacité d’accueil du Globe Theatre : 1 400 spectateurs (genre la salle Maurice O’Bready!!!).

 

Chose intéressante aussi, on dit que le prix d’une place au parterre équivalait à un penny, soit le douzième d’un salaire hebdomadaire d’un ouvrier à Londres.

En prenant le salaire minimum au Québec (donc à peu près 400 $ par semaine), le douzième serait de 33 $, ce qui n’est pas loin de notre prix moyen au théâtre. L’auteur de l’étude concluait que cela était donc « à la portée de toutes les bourses ». Une affirmation qui va à l’encontre du discours de plusieurs, convaincus que le théâtre au Québec est trop cher. Mais 33 $, en 2014, ce n’est pas si cher, même pour ceux qui sont au salaire minimum.